4 oct. 2009

Le fond du bocal

Des poissons dans un bocal, rien de palpitant... et pourtant...

Apparus pour la première fois dans la revue Bodoï, les aventures de ces poissons rouges coincés dans leur bocal auraient pu rapidement tourner en rond. "Au départ je pensais pouvoir écrire une quarantaine de gags seulement, pas plus." Finalement c'est plus de 700 gags que nous propose Nicolas Poupon.

Avec tout son talent, il met en scène cette petite bande de poissons, coincés dans leur bocal qui, à longue, développent d'amusantes réflexions absurdes sur les conditions de vie en aquarium et imaginent de délirantes tentatives d'évasion pour rejoindre la mer.
Des petits strips en une vignette avec une petite pointe de philosophie et une énorme pincée d'humour et de poésie.
Parues initialement aux éditions Le Cycliste (sous un petit format assez sympathique), les aventures humoristiques de nos deux compagnons se poursuivent aujourd'hui chez Drugstore.


Pour les collectionneurs, quelques originaux par ici

15 sept. 2009

Les petites prophéties urbaines

De passage sur Angers ce week-end end j'aurais pu me lancer dans un long billet sur les Accroches-Cœurs. Mais en fait non, il me prend plutôt l'envie de me pencher sur l'une des petites formes déambulatoires croisée dans les rues angevines...

Il ne sont que deux, mais on les voit arriver de loin...
Leur chapelle mobile fend la foule...

Les petites prophéties urbaines se présente comme un "duo déambulatoire burlesque et sans parole". Partant sur un thème que l'on pourrait pourtant considérer comme facile (une parodie de l'Eglise et de son clergé) le concept s'avère original et redoutablement efficace.
Un ecclésiastique perché sur sa chapelle motorisée arpente les rue accompagnés de son fidèle serviteur. D'ores et déjà, leur arrivée suffit à interpeler le public dubitatif et c'est là que le jeu se met en place... Bénédictions à grandes eaux, eucharisties à la sacro-sainte chips Pringles, gestes et postures empreintes de tradition mais surtout de caricature... l'interaction est là et la public suit avec amusement ce duo atypique qui frise l'impertinence sans franchir la barre de la provoc facile.
Une production de la Compagnie Belge Outre-rue que je vous souhaite de croiser...


crédit photo : Cie d'outre-rue

1 sept. 2009

Planet Paprika vs Cosmophono

Deux achats du jour (ou plutôt hier..),
Deux univers bien différents, quoique...

Le premier,
Cosmophono de Lo'jo.
J'ai déjà évoqué précédemment le talent de ce groupe mené par
Denis Péan, poète à la voix profonde qui à chaque album nous invite au voyage. Aux premières écoutes, l'univers Lo'jo réapparait, avec toujours cette richesse musicale savamment orchestrée. Un album peut-être encore plus poussé dans le métissage instrumental pour un résultat clairement dépaysant et apaisant.

Le second
Planet Paprika de Shantel nous embarque aussi vers des pays lointains mais à un rythme beaucoup, beaucoup plus mouvementé. C'est l'année passée lors d'un concert à la Maroquinerie que je l'ai découvert avec son album Disco Partizani .
Stéphane Hantel alias
DJ Shantel s'est fait connaître en mixant des beats nord-africains ou brésiliens sur des musiques de danse d'Europe de l'Est, puisant son inspiration dans ses racines maternelles de la région de Bucovine en Roumanie. Auteurs des soirées Bucovina Club connues pour leur ambiance déchainées qu'il organise sur Francfort, la consécration arrive en 2006 lorsqu'il emporte le BBC Radio 3 World Music award.
Après le carton Disko Partizani sorti en 2007,
Shantel accompagné par le Bucovina Club orchestra, reviens avec Planet Paprika nouvel opus au son toujours aussi riche et bourré d'énergie.

31 août 2009

Shantel - Disko Boy

Allez un petit teasing.... en attendant mon post de demain...
Shantel - Disko Boy

23 août 2009

Les idées noires


Pour beaucoup, André Franquin c'est les aventures de Spirou et Fantasio, Gaston Lagaffe et le Marsupilami. Le coté sombre de Franquin souvent occulté, est pourtant à mes yeux l'apogée de l'approche graphique du maitre.

C'est en 1977 qu' André Franquin crée les « idées noires » dans le supplément autonome et éphémère du Journal de Spirou : "Le Trombone Illustré". Touché par la dépression, Franquin y aborde tous les thèmes qui l'écorchent à vif : chasseurs, militaires, marchands, industriels, technocratie, religions, suicide, déprime, écologie, tauromachie... Ces thèmes, après avoir été souvent suggérés dans les albums de Gaston Lagaffe prennent une place centrale à travers des gags souvent cruels et sadiques, fustigeant la bêtise humaine. A la disparation de ce supplément ces gags « noirs » trouvent une tribune au sein du magazine Fluide Glacial où se poursuivra la sombre saga qui compte une soixantaine de planches.

Graphiquement, Franquin a recours à un graphisme très nerveux et plus fouillé. L'absence de couleur et la caricature poussée à l'extrême concourent à mettre en valeur les idées de cette série. En pleine maitrise de sa t
echnique, il travaille beaucoup au Rotring. "Le Rotring est un porte-plume à encre de Chine dont tu peux à volonté changer la pointe ; de sorte que tu as la possibilité de faire des détails d'une finesse extraordinaire ou bien de travailler en traits plus épais. Mais c'est toujours un peu du grattage : quand tu commences à gratouiller avec un Rotring, tu en as pour des heures ! Seulement, le Rotring permet d'obtenir un noir "moisi", vieillot, malsain, qui colle bien avec le principe des "Idées noires".

Des planches à lire case par case, le nez collé sur les détails en prenant le temps de s'arrêter sur les ombres, les plis des vêtements, les animaux... pour découvrir ou re-découvrir le talent de ce dessinateur.

21 août 2009

Le marché aux livres du Parc Brassens

Un lieu sur Paris que j'affectionne particulièrement...

Le Marché du livre ancien et d'occasion jouxtant le Parc Georges Brassens dans le 15ème est un marché regroupant une soixantaine de libraires. Ouvert depuis 1987, il est installé sous les halles à chevaux restant des anciens abattoirs de Vaugirard. (Le Parc étant lui-même aménagé à la place des abattoirs)
Du poche à mini-prix aux magnifiques ouvrages anciens, chaque stand offre des trésors pour les passionnés. Ce, dans une variété de domaines extrêmement larges. Je ne compte plus les achats ramenés, pas mal de Bd certes, mais également des livres d'art, des poches jaunes des éditions du Masque, des affiches anciennes et une lithographie dont je vous parlerais surement prochainement...
Atout de ce marché, nul besoin de se lever aux aurores, il est ouvert tous les samedi et dimanche de 9h00 à 18h00.

Pour vous mettre dans l'ambiance, un petite vidéo...


crédit vidéo : GIPPE - www.gippe.org

1 août 2009

Gainsbourg... le peintre


Serge Gainsbourg, musicien, chanteur, compositeur eut la peinture comme première passion. S'essayant tout d'abord à des leçons de dessin à l'Académie Montmartre, à 17 ans, il s’inscrit aux Beaux-Arts en architecture mais choisit vite le dessin d’art. Admirateur des peintres tels que Bonnard, Cézanne, Courbet, Bacon, il sera l’élève de Fernand Léger et d'André Lhote (qu'il affectionnait particulièrement). Passionné, il considérait la peinture comme "un art majeur" qui lui apportait une certaine sérénité tout en n’étant jamais content de ses œuvres.

En 1958, insatisfait de son parcours, il renonce brutualement à peindre et brule quasiment toute ses toiles (toutes n’ont pas été détruites, l’une d’elle a été vendue à Drouot en juin 2007). Il choisit le nom de Gainsbourg et s’oriente vers la musique.
Son gout prononcé pour l'art se retrouvera entre autres dans l'agencement de son appartement rue de Verneuil où Gainsbourg entassait des objets plus étranges les uns que les autres, véritable musée dans un esprit allant de Warhol à Dali. A citer également, ses visites fréquentes au Musée du Louvre pour y admirer, entre autres, le Radeau de la Méduse de Géricault, toile qu'il admirait.
Il prévoyait, parait-il, de retourner à ses premières amours artistiques à la fin de sa vie...

photo : Jean-François Bauret

28 juil. 2009

Action in DC - Le phénomène Tribute to

Débarqué de chez nos voisins européens, la Grande-Bretagne principalement mais aussi l'Allemagne, la Belgique et les Pays-Bas, le phénomène des "tribute bands" s'installe en France.

Au delà des reprises, l'objectif de ces groupes est de se produire sur scène et de faire partager leur passion pour leurs groupes favoris se concentrant le plus souvent sur "l'hommage à" avant l'imitation.
Les sceptiques penseront à des groupes amateurs de salles polyvalentes... Détrompez-vous, pour certains il s'agit de tournées sur plusieurs mois sur des scènes européennes voir internationales.
Pour les citer j'ai particulièrement été impressionné par la prestation d'Action in DC, concert pro au son et aux effets dignes de leur modèle. On peut évoquer également les groupes Into the Deep, Up the iron, One sing U2 ou les plus sage Rabeats.

Nul doute que le phénomène "tribute to" continuera à s'amplifier...

26 juil. 2009

Des lendemains sans nuage

Réalisé par un trio de choc composé des dessinateurs Ralph Meyer, Bruno Gazzotti et du scénariste Fabien Vehlmann, ce one-shot parut en 2001 avait déjà fait un carton. 8 ans plus tard alors que cet album avait disparu des bacs (au bonheur des collectionneurs de pièces rares mais au dépend de bien des lecteurs) le Lombard a fait le choix, judicieux, de le ré-éditer.

A travers un mode de narration original, l'histoire principale compte plusieurs aventures toutes empreintes de science-fiction. Les avenirs présentés révèlent une anticipation qui fait sourire, donne froid dans le dos ou donne à réfléchir. A mi-chemin entre le 1984 d'Orwell et la Quatrième Dimension, l'histoire de Nolan Ska démontre que vouloir changer le futur est parfois bien plus difficile qu'il n'y laisse paraître au premier abord...
Les dessins signés Meyer et Gazotti , dans la plus pure ligne de l'école Belge, servent parfaitement l'histoire lui apportant toute la fluidité et le dynamisme dont elle a besoin pour rapidement devenir prenante : un petit bijou dessiné à deux... (Il est vrai que j'ai un petit penchant pour les scénarios de Vehlmann et les dessins de Gazotti...) Bref, à offrir ou à s'offrir...

23 juil. 2009

Quand Joann Sfar s'attaque à Gainsbourg

Quand un dessinateur de BD devient réalisateur...
Joann Sfar a décidé de passer derrière la caméra pour s'attaquer à l'un des héros de son enfance, Serge Gainsbourg dans un long métrage intitulé sobrement Gainsbourg, vie héroïque. L'auteur de la saga le Chat du rabbin (dont un projet cinématographique serait également en cours) a choisi le comédien Eric Elmosnino pour incarner le grand Serge. Un projet prévu pour 2010, qui est clairement attendu avec impatience... A lire d'ici là, le journal du tournage par illustré par Mathieu Sapin.

Même si on le devine très pris par le montage de Gainsbourg, vie héroïque, et par ses personnages de L’ancien Temps (une saga médiévale en préparation pour Gallimard). Joann Sfar devrait poursuivre avec Chagall et Klezmer, pour le bonheur des amoureux de cette série, après avoir terminé le troisième tome de Socrate le demi-chien... c'est ce que l'on appelle avoir des projet dans les cartons...

Lo'jo

Un univers métisse, une invitation au voyage constante au fil des albums... Ce groupe originaire d'Angers emmené par Denis Péan promène autour du monde son éclectique bagage musical le nourrissant au fil des étapes.

Pour cette formation mêlant voix, piano ou harmonium, basse, percutions, violons et autres instruments à cordes, la scène reste le moteur de cette tribu qui voyage sans s'essouffler depuis plus de 25 ans. Et les disques sont autant d'étapes pour dessiner leurs feuilles de route.*
Au delà d'une longévité et d'un parcours géographique impressionnant, Lo'jo c'est aussi une tradition d'accueil en résidence et de travail local qu'il faut souligner. Le groupe n'hésitant pas à s'impliquer dans la vie sociale et culturelle de leur pied à terre.
Si Bazar Savant (2006), reste l'album qui m'a marqué, c'est toute une discographie qu'il faut aller explorer, dont le récent Cosmphono.

* formule empruntée à A.Vaulerin - Libération 24.03.09

22 juil. 2009

Un lieu... l'atelier Brancusi

Considérable comme une œuvre d'art à part entière, cet espace présente les ateliers de l'impasse Ronsin (Paris, XVe) que l'artiste roumain Constantin Brancusi occupa de 1916 à sa mort en 1957. Peu avant, il légua la totalité de ses ateliers avec son contenu à l’Etat Français à la condition que le Musée National d'Art Moderne s'engage à le reconstituer tel quel. Après une première reconstitution partielle en 1962 à l’intérieur des collections du musée au Palais de Tokyo, en 1997 l’Atelier Brancusi est reconstitué à proximité du Centre Georges Pompidou par l’architecte Renzo Piano. Sculptures, moulages, photographies, manuels, disques et outils, la dernière configuration du lieu a été recomposée dans les moindres détails, dans un souci d’unité de l’œuvre, voulue par l’artiste lui-même.

A voir à proximité du Centre Pompidou, accès gratuit :-)

Pour en savoir plus, le dossier pédagogique Constantin Brancusi
crédit photo, dossier pédagogique : Centre Pompidou, Paris

21 juil. 2009

Mano Solo... le dessinateur...

Mano Solo n'est pas que le chanteur que beaucoup connaissent.

Au-delà d'une discographie qui s'est étoffée au fil des années, il y a aussi un dessinateur de talent.


On peut revenir sur quelques dates avec cette thématique :
 
-1963 : Nait Emanuel Cabut fils de Jean Cabut et d'Isabelle Monin.

-1982 : En parallèle à ses peintures, il signe quelques illustrations sous le nom de Boredom "ennui" en hommage aux Sex Pistols.


-1984 : Il devient assistant décorateur de Guy Hakim


-1985 : Il participe à plusieurs exposition de groupes et à des performances dans la rue avec le groupe Puissances Populaires qui après scission deviendra les Portnawaks

-1989 : Première expo personnelle "Le désir, la mort et l'ennui"

-début 90 : Mano Solo se lance dans son aventure musicale avec le groupe la Marmaille Nue.

-1993 : le groupe est dissout mais Mano Solo est lancé dans cette aventure musicale où son franc-parler et sa rage feront l'artiste que l'on connait.

Mano Solo a, au fil des ans disséminés, ses dessins sur les pochettes de ses albums que l'on peut également retrouver sur son site internet.
Soutient actif de l'association Fazasoma, ses carnets de voyages ont précédemment été vendus aux enchères au profit de l'association. Il est fort probable que cette opération se réitère à l'avenir (informations directement sur manosolo.net).

20 juil. 2009

Paul Deliège


Vous le devinerez assez vite la bd fait partie plutôt intégrante de mes centres d’intérêts…

J’avais envie d’un premier article avec un auteur de talent souvent oublié.

Paul Deliège, notamment connu pour sa série Bobo a été également l’auteur d’une série aux personnages atypiques créés en 1968, les Krostons. Petits lutins verts malfaisants et dangereux poursuivant un objectif simple mais radical : devenir les maitres du monde. A noter, en 2005 les éditions du Hibou se sont lancé dans une réédition des aventures des trois mini antihéros.
La série qui personnellement m’a marqué, est le strip du Trou du souffleur lancé en 1987 dans le journal de Spirou. Autour d’un thème original, l’auteur développe un concept d’off où l’on apprend que finalement les héros de bd ont des problèmes de mémoire comme tout le monde… Ce concept évoluera jusqu'à faire apparaître l’auteur avec de nombreux épisodes d’autodérision sur sa création et sur le monde de la bd en général.

Vous trouverez ici un entretien assez complet de Paul Delège pour Objectible

Il faut bien commencer…

en attendant octobre
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